FORTERESSE DE MONTMORENCY

24 juin 2010

par Franck FAUPIN & Olivier NICOLAS

Motte castrale

Sur cette aquarelle est visible une motte surmontée d'un donjon circulaire auquel est accolé un donjon quadrangulaire (probablement carré) de style roman (XI-XIIe s.).

MONTMORENCY_03

A ce jour la motte a été rabotée, et seule la partie ou est implantée la tour carrée est conservée. Ce donjon circulaire, d'un diamètre d'environ 15 mètres, doit conserver des fondations sûrement assez profondes sous le chemin reliant les classes du lycée aux restes de la motte castrale.

Il nous semble évident que par l'ampleur et le lieu des travaux d'aménagements (qui doivent débuter début Juillet 2010), nous allons tomber sur les vestiges du donjon circulaire, le chemin actuel étant construit sur une partie de la motte sommitale rabotée à cette occasion.

Cette vue aquarellée a été prise depuis la haute-cours du château (terrassement actuel). Au pied, nous distinguons un long bâtiment qui pourrait correspondre à un casernement.

IMGP6171

Plate-forme sommitale du donjon "roman"

IMGP4429

Nous discernons les soubassements des deux murs en équerre d'environ 10 mètres de côté chacun, d'une épaisseur intéressante (plus d'un mètre). Il s'agit sans aucun doute des vestiges du donjon roman. Une salle basse existerait encore sous la plateforme sommitale.

IMGP4455

Bâtiments adjacents (propriétés privées rue de l'Eglise)

IMGP4435

En contrebas de cette plateforme, vers la ville, nous distinguons les vestiges d'une tour ou contrefort vide, ainsi que ceux d'une tour circulaire dans une propriété privée.

IMGP4436

Cave "vigneronne" (poterne du château ?)

IMGP5643

Il s'agit d'une entrée de cave, qui pourrait correspondre à une poterne, aujourd'hui remblayée. Elle est entourée par deux contreforts.

IMGP6177

Bâtiment des Voûtes (Celliers médiévaux)

IMGP6165

_____________________________________________________________________

PLANS & RECOUPEMENTS

par Franck FAUPIN

ViaMichelin_Montmorency

Ci dessous, implantation du plan du XVIIe siècle sur une vue aérienne actuelle.

FRANCK_01

Nous avons réadapté le plan pour qu'il cadre avec les vestiges actuellement visibles sur place. Tous les vestiges non vérifiables ont été supprimés.

FRANCK_02

Nous avons adapté le plan du château suivant le cadastre Napoléonien et le plan du XVIIIe siècle.

FRANCK_03

Posté par FORTERESSES à 11:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Juin 2010 - EVEHA : Isabelle Caillot

FORTERESSES

"Ce message afin d'avoir plus d'informations sur ce qui est prévu à Montmorency dès la fin du mois de Juin et durant toutes la période estivale. Nous nous efforçons de communiquer le fait que nous ne sommes que des "passionnés" et que nous ne voulons aucunement nous substituer aux archéologues professionnels. Il s'avère que beaucoup de gens sont sceptiques sur ce point... à nous de démontrer le contraire. Encore une fois, nous ne souhaitons "surveiller" que la partie des travaux se déroulant sur le site de l'ancien donjon roman, qui devait avoir un pendant plus tardif (peut-être un donjon de type circulaire Philippien). Des constructions sont prévues sur cet emplacement. Elles ne devraient pas atteindre la plateforme "herbeuse" des structures romanes... mais toucher logiquement des stuctures plus tardives (XIIIe siècle ?). Pouvez-vous nous aider à "surveiller" (si c'est bien le mot approprié) ce qui se fera prochainement ? Avez-vous notamment les dates de travaux ?"

I.CAILLOT

"Nous commençons la fouille sur la terrasse médiane à partir du 5 juillet jusqu'à la fin du mois. Concernant la terrasse haute, nous n'intervenons pas (impossible sans temps ni autorisation), et je doute vraiment de l'utilité d'une surveillance puisque les travaux ne sont pas censés toucher les niveaux archéologiques. Pour ce qui est des caves, il s'agissait juste de voir et prendre des photos avant les hypothétiques injections de celles-ci (au cas par cas) pour le moment nous n'avons vu que trois ensembles dont deux sont clairement post-médiéval, l'une d'elles semble plus ancienne (13 rue de l'Eglise) et se prolonge plus loin sous la plate-forme castrale, mais les remaniements importants et les coffrages n'ont pas permis d'identification poussée. Enfin, l'effondrement de celle située au 15 rue de l'église nous a permis de constater qu'elle était maçonnée dans le substrat (sable) et non pas dans des remblais. Pour ce qui est de la terrasse basse déjà fouillée, nous pouvons désormais affirmer qu'il ne s'agit pas de la basse-cour, mais d'un quartier d'habitations médiévales des XIII-XIVs et XVIs."

Posté par FORTERESSES à 11:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Juin 2010 - SERVICE REGIONAL D'ARCHEOLOGIE : Jean-Marc GOUEDO

FORTERESSES

"Des travaux sont prévus cet été à l'emplacement du donjon roman "millénaire" des Barons de Montmorency, Connétables de France, et des structures plus récentes adjacentes à cet édifice pouvant remonter aux XII-XIIIe siècles (donjon circulaire "Philippien" notamment). Nous pensons que cet ensemble pourrait souffrir des travaux programmés. Préserver à tout prix ce site et ces monuments, peut être les plus importants et méconnus de notre département, et pourtant maintes fois étudiés, c'est le souhait de notre association. C'est pour cela que nous souhaiterions assurer la surveillance du site pendant ces travaux estivaux. Vous avez, il nous semble, la possibilité de valider notre demande au niveau Régional."

J-M.GOUEDO

"Votre souhait d'intervenir dans le château fort / Lycée Turgot de Montmorency n'est pas opportun car la DRAC / SRA suit le dossier de travaux et un opérateur d'archéologie préventive travaille sur le site depuis le début de l'année."

FORTERESSES

"Après avoir discuté avec les membres de l'organisme EVEHA (concernant les fouilles de l'ancienne basse-cour du château), nous nous sommes aperçus que rien n'avait été prévu par les services archéologiques dans la zone de la haute cour. Nous avons redécouvert par hasard les vestiges du donjon carré et appris par la même occasion que des travaux de bâtiment sont prévus dans cette zone pendant l'été. Nous en avons parlé à l'organisme EVEHA, qui n'avait aucune demande d'intervention dans cette zone et elle nous a demandé de faire une demande auprès des services compétents pour que "l'association Forteresses" puisse surveiller ces travaux. Il faut noter qu'une fois ces travaux réalisés (en lieu et place du donjon circulaire), on n'aura plus d'accès aux vestiges du donjon carré. Nous trouvons dommage que rien n'ai été fait pour fouiller cette zone. Serait-il possible de dégager le donjon carré (dont les soubassements sont encore visibles) avant que l'accès ne soit plus possible ?"

J-M.GOUEDO

"Tout d'abord nous connaissons depuis longtemps le plan ancien qui vous sert de base de réflexion pour recaler le donjon et autres tours. Sa fiabilité sur certains points pose question : sur quoi repose t-il : plan perdu, hypothèse d'érudit, un mélange des deux cas ? D'autre part, à moins qu'il y ait d'importants changements par rapport à ce que nous avons comme détails du projet, les travaux prévus par l'aménageur ont une faible atteinte au sous-sol sur la haute terrasse et l'on sait par les sondages archéologiques que le terrain a été remblayé et que les vestiges médiévaux sont à plus d' 1 mètre de profondeur (à 1,30 m je crois me souvenir). Les travaux ne menacent donc pas en principe les vestiges. Pour finir, vous ne pouvez pas intervenir sur un site sur lequel il y a de l'archéologie préventive car vous n'êtes pas opérateur agréé."

FORTERESSES

"Nous ne voulons pas nous substituer aux archéologues professionnels, ni faire de polémique, mais juste faire de la surveillance à titre gracieux (juste du visuel). Et si comme on peut l'espérer, les travaux découvrent les restes du donjon ou autre, on vous prévient (DRAC, INRAP et EVEHA) pour que vous puissiez agir (fouilles ou autre). Une fois les travaux réalisés, on ne pourra plus accéder à la plate-forme sommitale où est situé le donjon carré dont les traces au sol sont visibles. Les travaux occupent la zone entre le bâtiment des classes actuelles et l'amorce de la plate-forme sommitale, donc dans une zone ou on est inférieur de 2 mètres environ à cette plate-forme.

J-M.GOUEDO
"Je connais bien les lieux et il n'y a aucune trace au sol du "donjon carré" ni d'aucune maçonnerie ancienne d'ailleurs. Le petit escalier et le muret attenant n'appartiennent pas au "donjon carré" mais sont de la 2e moitié du 20e siècle. L'aménageur a travaillé pendant plusieurs années avec nous pour réduire l'impact de son projet sur les vestiges archéologiques et a modulé son projet en conséquence à la suite de quatre diagnostics. Le résultat en est un faible impact au sol sur la terrasse haute et un fort impact au sol sur les terrasses médiane et basse. C'est pour cela que ces deux terrasses basse et médiane ont fait l'objet de prescription de fouille préventive dont la réalisation est en cours et pas celle de la terrasse haute. Je vous assure que le "carré" de pelouse" de la terrasse haute n'est pas menacé par le projet. On n'ira pas voir ce qu'il recèle et il n'y a aucune raison pour qu'il y ait des découvertes dans ce "carré" de pelouse qui restera en zone végétale. Cette zone, actuellement en pelouse, surélevée par rapport au niveau du gymnase et du bâtiment de salles de classe et à l'allée en asphalte n'est pas menacée par le projet de travaux. Il n'y a donc aucune raison pour que vous interveniez sur ce lieu."

Posté par FORTERESSES à 10:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Février 2010 - CENTRE CULTUREL FRANCOIS VILLON : François Chairon

FORTERESSES

"Nous recherchons des informations sur l'ancien donjon roman des Connétables de Montmorency (XI-XIIe siècles) dit "Tour Trompette" dans les textes, situé sur la motte castrale (Lycée Professionnel). Pourrait-il s'agir des vestiges visibles rue de la Charrette et ceux proches de la Basilique ?"

F.CHAIRON

"Aujourd'hui, il ne reste plus rien de cet édifice, hormis l'emplacement du tertre sur lequel il était érigé. Seul l'arasement d'une tour subsiste dans la cour d'une propriété privée. Il n'existe qu'une représentation de ce qui restait du château en 1708, la fameuse "Tour Trompette" à laquelle vous faites allusion."

Posté par FORTERESSES à 10:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Février 2010 - MUSEE JEAN-JACQUES ROUSSEAU : Michel Rival

FORTERESSES

"Nous recherchons des informations sur l'ancien donjon roman des Connétables de Montmorency (XI-XIIe siècles) dans les textes, situé sur la motte castrale (Lycée Professionnel). Pourrait-il s'agir des vestiges visibles rue de la Charrette et ceux proches de la Basilique ?"

M.RIVAL

"Je peux vous confirmer que les vestiges de la motte féodale se situent bien au chevet de la Collégiale Saint-Martin. Cependant les quelques éléments architecturaux visibles rue de la Charrette sont ceux d’anciennes caves vigneronnes et ceux du château. Le donjon du château n’a été démoli qu’à la Révolution et est représenté sur un dessin aquarellé date de 1708 conservé à la Bibliothèque Nationale."

Posté par FORTERESSES à 10:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


22 juin 2010

Février 2010 - SOCIETE HISTORIQUE D'ARGENTEUIL : Gérard Ducoeur

FORTERESSES

"Nous recherchons des informations sur l'ancien donjon roman de Montmorency (XI-XIIe siècles) dit  Tour Trompette dans les textes, situé sur la motte castrale (Lycée Professionnel). Pourrait-il s'agir des vestiges visibles rue de la Charrette et ceux proches de la Basilique ?"


G.DUCOEUR

"Concernant le castrum de Montmorency, à l'exception de la base d'une tour, située (en domaine privé) au 13 rue de l'église, il ne reste aucun vestige tangible du château des seigneurs de Montmorency. Seule une vaste terrasse exhaussée et bien visible, occupée par le lycée d'enseignement professionnel témoigne de l'importance que dut avoir cette forteresse au Moyen Âge. Côtés archives, les documents les plus anciens relatifs au château disparurent probablement lors de son saccage vers le milieu du XIVe siècle. J'ai dirigé une fouille sur l'enceinte du castellum (qui avait 5 portes), place du Château-Gaillard, en 1990-1991. Il y a bien eu une motte féodale, mise en place vers 996-998, sur l'ensemble du site du château, mais ce que vous citez avec le lycée professionnel n'est sans doute que la basse-cour du castrum. Toutes les fouilles anciennes (c. 1948) et récentes jusqu'à ce jour (1991-2010), sont restées veines (même en descendant à 8 / 10 m de profondeur, aucun vestige du château médiéval n'a été atteint !!! C'est donc encore une énigme non résolue pour les archéologues."


FORTERESSES

"Pour commenter vos propos (il ne reste aucun vestige tangible du château des seigneurs de Montmorency). Qu'entendez vous par tangible ? que ces vestiges ne sont pas datables en l'état ?"

 

G.DUCOEUR

"Suite votre demande de ce jour, lorsque je vous ai indiqué : " il ne reste aucun vestige tangible du château des seigneurs de Montmorency", ce n'est qu'un constat (et je ne suis pas le seul à dire cela), il y a bien en effet quelques éléments d'enceintes aussi bien du castrum que du castellum qui enserrait la ville au XIIe siècle, mais ces vestiges ne sont pas datables en l'état. Les vestiges subsistants de l'ancien château de Montmorency se résument aujourd'hui à quelques maçonneries encore visibles et à la base d'un ouvrage de flanquement qui jouxtait probablement la partie résidentielle des constructions seigneuriales. A ces vestiges qui appartiennent sans doute au XIIIe siècle (tour de flanquement) et au XVIe siècle (vestiges du cellier seigneurial, dit "bâtiment des voûtes"), on peut ajouter les découvertes réalisées en 1873 (base de tour de 6/7 m de diamètre) à proximité de la collégiale Saint-Martin qui évoquent des architectures médiévales (flanquements?, poterne?)". Le château médiéval, avec son donjon (des "Mathieu" des XIIe-XIIIe siècles), dont vous parlez a été ruiné complètement suite aux assauts anglais de 1356. La Jacquerie de 1358, entraîna sans doute l'abandon définitif du site qui ne repris qu'une fonction symbolique à partir du XVIe siècle. De même, les remparts du castellum qui enserraient la ville ont été reconstruits en 1411."


FORTERESSES

"Que pensez-vous des vestiges rue de la Charette ?"

 

G.DUCOEUR

"Il s'agit d'une entrée en caillasse-meulière compacte et plâtre obturée, sans doute d'un cellier ou cave, tardi-médiéval à moderne, d'une maison démolie de la rue de La Charette (parking de la résidence Jeanne d'Arc). Ces celliers ont souvent été creusés dans l'épaisseur des remparts (comme dans toute la ville), nous en avons trouvé un exemple en 1990-1991 sur le site du Château-Gaillard, datant du XVIIe siècle, on utilisait le moindre pouce de terrain disponible et surtout gratuit."

Posté par FORTERESSES à 14:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Janvier 2010 - SOCIETE HISTORIQUE DE MONTMORENCY : Jean-Charles Lefebvre

FORTERESSES

"Nous sommes intrigués par des vestiges situés rue de la Charette. Pouvez vous nous en dire plus ?"


J-C-LEFEBVRE

"Il ne reste aucun vestige apparent du château fort des Montmorency, le donjon qui subsistait a été démoli au XVIIe siècle. Seuls des restes des anciennes fortifications du bourg sont visibles en quelques endroits, comme rue Saint-Jean ou dans les jardins de l’Observance. Si des vestiges sont visibles rue de la Charrette, ils se trouvent effectivement à proximité de la motte castrale. Mais sans plan de l’édifice et sans référence au niveau d’origine, il me paraît bien hasardeux de risquer une hypothèse."


FORTERESSES

"Les vestiges que nous vous mentionnions sont situés sur le pourtour de la Motte castrale. La Forteresse fût détruite en 1358, puis de nouveau en 1381. Plus tard, en 1411, les fortifications de la cité seront relevées, suivant les standards de l'époque. Mais que reste t-il alors de la forteresse initiale de Montmorency ?"


J-C-LEFEBVRE

"Il ne reste à ma connaissance aucun vestige hors sol, du château des Montmorency."


Posté par FORTERESSES à 14:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

www.valdoise.fr

LE CHATEAU-FORT

Montmorency - Mons Maurentiacus, Mons Morentius - apparaît dans les textes en 996, quand Robert II le Pieux (996-1031) cède le castrum à Bouchard le Barbu († 1020) pour le dédommager de la perte de sa forteresse du Chastellier dans l’îsle de Saint-Denis. Le lieu-dit Château-Gaillard correspond peut-être à cette première fortification. Le château féodal, construit en pierre au XIIe siècle, s’élève plus au sud, sur un éperon dominant le vallon de la fontaine Saint-Valéry. À l’exception de la base d’une tour du castrum (située en terrain privé, au 13 rue de l’Eglise), il ne reste plus aucun vestige tangible du château seigneurial des Montmorency. Seule une vaste terrasse exhaussée et bien visible, occupée par le lycée d’enseignement professionnel Turgot, témoigne de l’importance qu’a pu avoir cette forteresse au Moyen Âge. Côté archives, les documents les plus anciens relatifs au château féodal ont disparu, probablement lors de son saccage vers le milieu du XIVe siècle. Situé à 114 m d’altitude, sur les hauteurs qui dominent au loin la capitale, surplombant la Vallée éponyme d’une bonne soixantaine de mètres, commandant un couloir de circulation entre la vallée de la Seine et celle de l’Oise, protégé par une épaisse forêt au nord, le Montmorency médiéval constitue un remarquable site stratégique naturel, un poste d’observation idéal au milieu d’un relief tourmenté, alternant, à l’origine, buttes et ravines. Il n’existe aucun village à cet endroit lorsqu’on édifie, sans doute dans le courant du IXe siècle, la fortification primitive, probablement une motte castrale. Elle fait alors partie d’un vaste réseau défensif et constitue avec celles de l’Isle-Adam, d’Asnières-sur-Oise, Viarmes, Saint-Martin-du-Tertre, Baillet-en-France, Villiers-le-Bel, Sarcelles, Luzarches et Gonesse entre autres, une ligne de surveillance assez homogène en avant de la capitale dont elle contrôle au nord, nord-ouest les principaux accès terrestres. Le lieu apparaît pour la première fois dans un acte daté de l’extrême fin du Xe siècle. Bien qu’il s’agisse d’un faux, les historiens s’accordent à reconnaître qu’il est inspiré de plusieurs actes authentiques. On y apprend que, pour mettre fin aux démêlés d’un turbulent féodal local, nommé Bouchard-le-Barbu, avec l’abbaye de Saint-Denis, le roi de France lui concède les fortifications de Montmorency, à charge pour lui d’en relever les ruines. Ce petit seigneur francilien voit là l’opportunité de se constituer un domaine. Il s’empresse d’exécuter ses obligations et transforme l’ancienne motte castrale en un véritable château fort, dont il fera sa résidence et qui sera à l’origine de la cité. Une petite bourgade voit en effet le jour et, très tôt, elle est close de murs. Mais le château n’occupe pas la position stratégique idéale. Après un méplat d’environ 80 m, il est dominé au nord par une hauteur qui le surplombe d’une dizaine de mètres. Ce « belvédère » (au lieu-dit Château-Gaillard) sera fermé par le mur d’enceinte de la cité. La construction de ce château a nécessité des aménagements considérables pour l’époque, au premier rang desquels la levée d’un tertre artificiel, destiné à corriger l’effet de pente et constituer une plate-forme sub-circulaire de 90 mètres de diamètre environ pour une hauteur de près de 10 m dans sa partie la plus élevée. Cette réalisation, effectuée sur un sol majoritairement sableux, nécessite l’édification, sur les trois-quarts de sa circonférence, de puissants murs en pierre meulière. Ces murs supportent les courtines et les tours du château. Il ne paraît pas avoir été ceint de fossés. L’entrée de l’édifice se fait à l’intérieur de la ville, place-au-Pain. On traverse une vaste basse-cour avant d’atteindre les bâtiments du château proprement dits, élevés à l’opposé de l’entrée et adossés à la courtine ouest dont la tour d’angle fait office de donjon. Sur la face nord, donnant sur la ville, un second mur défensif sera ajouté ultérieurement à la construction primitive afin de former une petite plateforme en contrebas du mur d’enceinte. Cette avancée est appelée « fausses-brayes » dans les actes des XVIe et XVIIe siècles, sans qu’on sache si cette appellation a été donnée par analogie ou témoigne réellement de l’existence d’un « boulevard d’artillerie ». À l’ouest, sur une autre plate-forme ménagée en contrebas et à l’extérieur de l’enceinte, les Montmorency font élever vers 1130 la première collégiale Saint-Martin.

LES REPRESENTATIONS

Il existe une seule représentation figurée de ce qui subsiste du château avant sa disparition complète. Sur un dessin aquarellé, daté de 1708, on y voit deux tours accolées, l’une ronde, l’autre quadrangulaire, entourées par des pans de murs ruinés (probablement vestiges du mur d’enceinte). C’est la seule partie du château restaurée par le connétable Anne de Montmorency au début du XVIe siècle, en raison de sa haute valeur symbolique. Au pied de ces tours, un grand édifice rectiligne, le mur gouttereau percé d’ouvertures en forme de meurtrières, est connu sous le nom de « bastiment des voustes ». Il s’agit du cellier seigneurial, où l’on entrepose les vins récoltés sur les terres des sires du lieu. Une légende tenace voudrait que le château soit également représenté sur l’un des vitraux Renaissance de la collégiale Saint-Martin.

Posté par FORTERESSES à 13:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

www.valdoise.fr

FOUILLES 2010

L’Institut National de recherches archéologiques préventives (INRAP) a procédé à des sondages avant les travaux de rénovation du Lycée Turgot, installé dans un ancien parc. Deux fossés, un mur de bâtiment et un four datés de la fin du Moyen Âge au début de l’époque moderne sont à mettre en relation avec l’ancien château seigneurial. Ruiné au milieu du XIVe siècle, il fut partiellement reconstruit au XVIe siècle. Au XVIIIe siècle, des jardins et un parc s’étendaient à son emplacement. Ces quelques découvertes fournissent des informations nouvelles sur cette construction dont il n’existe aucun plan et dont des vestiges sont régulièrement mis au jour. Le matériel archéologique recueilli comprend surtout des tessons de céramiques.

Au XIXe siècle, en voulant élargir le chemin qui passe entre la collégiale et l’emplacement de l’ancien château on a mis au jour les substructions d’une tour ronde de 7 mètres de diamètre. En 1948, lors de la construction du lycée, les entreprises de maçonnerie ont procédé à quelques sondages préalables à l’aide de tranchées qui ont révélé d’importants remblais, mais aucune trace de construction. C’est qu’en fait, l’établissement scolaire a été édifié à l’emplacement de l’ancienne basse-cour. De 1991 à 2005, une dizaine d’interventions archéologiques ont été réalisées sur la zone de la ville médiévale. Elles ont toutes apporté de nouvelles informations scientifiques, mais les vestiges du château et de la ville médiévale du XIe siècle nous échappent encore totalement.

Posté par FORTERESSES à 13:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

http://valmorency.fr

LES PREMIERS SEIGNEURS DE MONTMORENCY

Nous nous proposons d’expliquer, comment de nouveaux venus en Ile-de-France, issus de l’anarchie féodale des premiers temps capétiens dans le Sénonais, vont s’établir légitimement dans notre région grâce à l’appui du roi Robert II le Pieux : ils posséderont provisoirement le castrum de Saint-Denis puis, définitivement, celui de Montmorency, qui leur est propre, pour arriver à la création de la châtellenie de Montmorency. Deux volontés complémentaires se conjugueront, l’une privée, émanant de la famille des Montmorency, l’autre liée à la politique royale, désirant s’assurer la protection du pourtour de sa capitale, Paris. Nous suivrons la progression de cette famille, de Bouchard II le Barbu, installé à l’aube du XIe siècle dans son castrum de Montmorency, jusqu’à Mathieu Ier, promu connétable du roi Louis VII, au cours de la première moitié du XIIe siècle.

Bouchard Ier, seigneur de Bray-sur-Seine

Aux confins mal définis du comté de Troyes et des duchés de France et de Bourgogne, dans cette région du Sénonais, le bourg de Bray-sur-Seine, qui présente un intérêt stratégique de première importance, est le fief de Bouchard Ier, gendre de Thibaut Ier de Blois. Bouchard Ier meurt entre 959 et 968, peu après avoir fondé à Bray-sur-Seine un prieuré dédié au Saint-Sauveur. Sa veuve, Hildegarde et ses deux fils, Aubry et Bouchard, en sont chassés par Boson, un descendant des vicomtes de Sens, soutenu par son cousin Thibaud le Tricheur, comte de Blois et de Provins, et ennemi juré du duc de France, qui incendie le bourg et reprend le château, situé sur une île de la Seine.

Bouchard II

Bouchard II s’en remet à son seigneur Hugues Capet (987-996), petit-fils du roi Robert Ier (922-923) et fils d’Hugues le Grand, et rejoint Paris pour vivre dans son entourage immédiat. Hugues Capet lui confie la forteresse de l’Île-Saint-Denis et lui donne la main d’Ildelinde, la châtelaine veuve de Basset. Il peut dorénavant fonder une dynastie. Mais Bouchard se révélera un vassal indiscipliné. Sur la rive droite de la Seine, faisant face à sa forteresse, se dresse la puissante et richissime abbaye royale de Saint-Denis. Dès lors la forteresse change de fonction : après avoir servi de poste avancé en cas d’attaque de Paris, elle se transforme en base de départ pour les campagnes de pillage et de rançonnement sur certains fiefs détenus par l’abbaye dans la région. La première péripétie de Bouchard se termine donc par son expulsion de l’Île-Saint-Denis, sous l’impulsion de l’abbé de Saint-Denis qui se plaint pour une énième fois au roi Robert II le Pieux (996-1031). Le roi fait raser le château de Bouchard, situé sur l’Île du Châtelier. Bouchard, que l’on surnomme à présent Bucardo Barbado (le Barbu), est relégué « à environ trois lieues du château de Saint-Denis, près de la fontaine Saint-Valéry », sur un promontoire rocheux qui commande l’accès nord-ouest de Paris. Situé à l’extrémité orientale d’une colline couverte d’une immense forêt, ce promontoire domine une large vallée marécageuse. Forêt, promontoire et vallée portent le nom de Montmorency. Ce second exil se situe entre 988 et 997. Bouchard II prend alors pour patronyme le nom de sa terre : Montmorency. Tous les actes qu’il souscrira seront désormais signés Buchardus Montmaurinciaco. Bouchard II et Ildelinde donnent naissance à quatre fils : Bouchard, Eudes, Albéric et Foucaud. Albéric deviendra le premier connétable des rois capétiens sous Henri Ier, en 1060, mais c’est son frère aîné, Bouchard qui prend la succession de la châtellenie de Montmorency.

Bouchard III

Jusqu’en 1044, date probable de sa mort, il cosigne en tant que témoin une demi-douzaine d’actes royaux, qui confirment des donations en faveur des abbayes de Coulombs, de Marmoutier, d’Orléans et de Saint-Germain-des-Prés. Ses deux fils, Thibaud et Hervé, qui lui succèdent, font preuve de la même fidélité.

Thibaud

Thibaud meurt entre 1071 et 1077. Sans postérité, la châtellenie revient à son frère, Hervé de Marly qui, dès lors, prend le nom d’Hervé de Montmorency.

Hervé, bouteiller de Philippe Ier

En 1075 et en 1079, Hervé cosigne deux actes en tant que bouteiller du roi Philippe Ier (1060-1108). À cette époque, le bouteiller a en charge l’administration des vignobles du domaine royal. Marié à Agnès d’Eu, Hervé a quatre fils et une fille : Bouchard, Geoffroy, Hervé de Deuil, Albéric et Havoise. Entre 1083 et 1086, il cède à son fils aîné, Bouchard IV, la châtellenie de Montmorency et se retire à Marly, son premier fief, où il fonde l’église Saint-Vigor en 1087.

Bouchard IV, seigneur de Conflans

C’est une affaire de succession qui oppose, en 1081, Bouchard IV au comte de Beaumont, Mathieu Ier, dont il a épousé la sœur, Agnès de Beaumont. Au nom de son épouse, dont le père, Yves de Beaumont, a fondé le prieuré de Sainte-Honorine, Bouchard IV revendique la part du domaine de Conflans qui lui revient. Devant le refus de Mathieu Ier, Bouchard IV assiège Conflans, s’empare de la place après avoir incendié et détruit le château, l’église Notre-Dame et le prieuré. Aussitôt la paix rétablie, Bouchard IV participe à la reconstruction de l’église. Sa contribution se compose de la dîme du sel sur son travers de Poissy, des droits sur les bateaux de vin et de sel de son travers de Conflans et d’une rente prélevée sur son travers de Franconville. Il ajoute à ces libéralités une charge d’âne quotidienne de bois de chauffage à prendre dans sa forêt de Boissy. D’Agnès de Beaumont, Bouchard IV aura quatre enfants : deux fils, Mathieu et Thibaud, et deux filles, Adlevie et Agnès. Mais Agnès meurt et Bouchard IV se remarie avec Agnès de Pontoise dont il aura deux fils, Hervé et Hermer. Lorsqu’en décembre 1099, Bouchard IV assiste aux obsèques de sa belle-mère, Hahuis, l’épouse de Raoul II Déliés, seigneur de Pontoise, au côté de Louis le Gros, roi désigné, l’amitié et la paix règnent encore entre le roi et son vassal. Moins d’un an plus tard, ils se feront la guerre. Sur la foi d’un diplôme de 1008 signé par Robert II, l’abbé Adam de Saint-Denis confirme que Bouchard IV, comme ses aïeux depuis Bouchard II, doit rendre foi et hommage à l’abbaye en tant que vassal, pour ses possessions de l’Île-Saint-Denis, mais aussi pour l’ensemble de ses terres, dont Montmorency. Au tout début de l’année 1101, Bouchard IV reçoit commandement de se présenter à la cour, toutes affaires cessantes. Bouchard IV refuse de se soumettre. Comme la coutume l’y autorise, il requiert la permission de se retirer sur ses terres, de convoquer son ban et ses alliés, et de s’en remettre au jugement de Dieu. Mathieu Ier de Beaumont, avec lequel il s’est réconcilié, et Dreux de Mouchy se rangent à ses côtés. Quant au roi désigné, il rallie à sa cause et à celle de l’abbaye dionysienne, Simon II le Jeune, seigneur de Montfort, Robert II, comte de Flandre, et Adèle, comtesse de Blois et de Chartres. Le prince Louis assiège le bourg de Montmorency. Les chroniqueurs divergent sur l’issue du siège. L’abbé Suger, historien et ami de Louis VI, donne ce dernier vainqueur. Pour Ordéric Vital, autre moine historien, la trahison de ses alliés contraint Louis VI à une retraite peu glorieuse, au cours de laquelle il perd deux prestigieux croisés, les chevaliers Raimbaud Creton et Richard de Lieux. Ainsi, l’une des plus importantes guerres féodales qui ont marqué le début du règne de Louis VI (1108-1137) a été déclenchée sur la foi d’un faux diplôme élaboré dans le scriptorium d’une abbaye royale ! Aussitôt la paix rétablie entre le roi et le seigneur de Montmorency, celui-ci se met au service de celui-là et l’assiste en de nombreuses occasions. Lors de la guerre franco-normande de 1119, dans le Vexin, à la bataille de Brémule, il fait acte de bravoure avec Gui de Clermont : « Ils taillèrent en pièces la première ligne des Normands ». Le roi ne doit son salut qu’à la fuite. Quant à Bouchard IV, il est finalement fait prisonnier par les troupes d’Henri Ier Beauclerc. Cette infortune ne l’empêche pas de marier, sept ans plus tard, son fils Mathieu Ier à Aline d’Angleterre, une fille naturelle d’Henri Ier Beauclerc. Bouchard IV meurt vers 1134. Malgré la bravoure dont il a fait preuve aux côtés du roi dans la seconde partie de sa vie, il n’accèdera pas aux postes honorifiques. Son fils, par contre, bénéficiera d’une telle reconnaissance.

Mathieu Ier, connétable de Louis VII

En 1126, Mathieu Ier épouse Aline d’Angleterre, dont il a cinq fils. L’aîné, Henri, meurt avant son père. La seigneurie de Montmorency revient au puîné, Bouchard V. Thibaud reçoit en partage la seigneurie de Marly, puis la transmet à son frère cadet, Mathieu, lorsqu’il se fait moine à l’abbaye familiale de Notre-Dame-du-Val. En devenant seigneur d’une des plus importantes dépendances de la châtellenie de Montmorency, Mathieu Ier de Marly fonde la branche des Montmorency-Marly. Quant à Hervé, il rejoindra très jeune l’évêché de Paris, dont son père demeure le premier vassal. Sans qu’aucun exploit guerrier particulièrement remarquable ne vienne justifier cette nomination, Louis VII (1137-1180) confie à Mathieu Ier la charge de connétable dès son accession au trône. Dès lors, l’ascension de Mathieu Ier ne fait que se confirmer. Veuf d’Aline d’Angleterre, il épouse en 1141 Adélaïde de Savoie, elle-même veuve de Louis VI. Mathieu Ier devient donc beau-père du roi Louis VII. Lors de l’assemblée d’Etampes, en 1146, qui décide de la participation du roi à la deuxième croisade et qui établit en son absence l’organisation administrative du royaume, l’abbé Suger, la reine Adélaïde, Galeran II, comte de Vermandois, et Mathieu Ier forment le conseil de régence. Au retour du roi, en 1149, Mathieu Ier reprend sa place auprès de lui et l’accompagne dans nombre de ses déplacements. À la mort de Mathieu Ier, en 1160, la châtellenie de Montmorency est devenue une importante seigneurie. Son titulaire revendiquera le titre de baron, voire même celui de Premier baron de France. Il faudra cependant attendre la fin du XIVe siècle pour que la châtellenie prenne définitivement la dénomination de baronnie.

Conclusion sur l’établissement de la châtellenie de Montmorency à la période médiévale

Définitivement établie dans son ressort au XIVe siècle, la châtellenie de Montmorency doit sa constitution à la conjonction de deux volontés complémentaires, dont l’une, privée, émane de la famille de Montmorency. Nouveaux venus en Ile-de-France, Bouchard II le Barbu n’est pas un personnage neuf, issu de l’anarchie féodale des premiers temps capétiens. Noble par ses ancêtres, il ne peut asseoir et développer cette qualité que par la possession du castrum de Montmorency, dont il a été investi légitimement par Robert II le Pieux (996-1031). Le château est l’élément primordial constitutif du détroit sur lequel les Bouchard ont étendu leur suzeraineté. Il est gage de protection, point stratégique et économique. Il draine vers ses possesseurs les fidélités de chevaliers alleutiers, ou déjà soumis à un seigneur dont la position géographique n’offrait pas les mêmes sécurités. C’est ainsi que la famille Le Bel de Villiers, maîtresse de la région au temps des premiers Bouchard, perd ses vassaux à leur profit jusqu’à entrer dans leur dépendance. La seconde volonté est liée à la politique royale, désireuse de s’assurer le pourtour de sa ville, où étaient centralisés ses moyens d’action : Louis VI (1108-1137) a pacifié la région, Philippe II Auguste (1179-1223) l’organise à des fins stratégiques et administratives. Les divisions féodales établies par les maîtres d’un château servent son plan : il les affermit, les modifie au besoin en fonction de ses intérêts. Mais en les récupérant, il les entérine. C’est ainsi que les châtellenies de la région parisienne revêtent ce caractère spécifique d’être de création castrale et familiale, mais de conservation et d’utilité administrative royales. La proximité de Paris entraîne d’autres conséquences sur le devenir de la châtellenie de Montmorency, plus particulièrement sur la vie de ses campagnes : les grandes abbayes parisiennes, richement possessionnées dans la région du fait de multiples dons royaux et seigneuriaux, participent grandement à sa mise en valeur, et ce d’autant que les débouchés se prêtent à l’écoulement d’une récolte abondante. Pays de routes vitales pour le ravitaillement de Paris, la châtellenie de Montmorency est particulièrement attentive au renouveau des échanges, aux accroissements des terres cultivables. Le XIIIe siècle témoigne d’une intense activité agricole, d’un peuplement abondant et d’une relative amélioration des conditions de vie paysanne. Pour cette même époque, le monde seigneurial n’offre pas les mêmes caractéristiques : appauvri par les partages successoraux, les donations pieuses, les accensements systématiques qui le réduisent à des dépenses constantes à l’aide d’une monnaie dévaluée, il voit la disparition de nombreux lignages, vite remplacés par les premiers investisseurs, bourgeois de Paris. Bien que peu pourvus de domaine strictement foncier, parfois même en butte à des difficultés budgétaires, les seigneurs de Montmorency sont cependant protégés de l’appauvrissement par les contraintes lignagères et surtout par le fait que leur position de châtelain ne repose pas sur une supériorité foncière, mais sur une capacité d’exercice de droits suzerains, sur une étroite ramification de liens vassaliques qui convergent tous vers leur personne. La châtellenie se révèle un cadre propice pour les liens d’homme à homme. Deux niveaux sont à considérer, qui font mieux ressortir la prédominance de l’un sur l’autre : la dépendance personnelle, qui lie les tenanciers à leur seigneur foncier, cède le pas à la dépendance suzeraine. Cette force de la suzeraineté au détriment du foncier explique comment les sires de Montmorency ont pu maintenir, sur un territoire infiniment morcelé du point de vue de l’occupation des terres et de l’inégalité des fortunes, une emprise totale, qui leur a assuré au sein de l’Ile-de-France une incontestable position de grands féodaux. D’autres études ayant trait à la formation, aux articulations des châtellenies parisiennes permettraient, à l’aide de l’histoire comparée, de généraliser ou non cette appréciation sur l’importance du pouvoir suzerain détenu par le châtelain.

Texte rédigé par Gérard DUCOEUR, président de la SHAAP

Posté par FORTERESSES à 13:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Les Institutions en Place

Forteresses :

forteressesfrance@hotmail.fr

Association d'étude et de défense du Patrimoine castral Français

______________________________________________________

Propriétaire du site castral :

Conseil Régional (Lycée Professionnel Turgot)

francoise.schindler@ac-versailles.fr

Françoise SCHINDLER

Proviseur du Lycée d'Enseignement Professionnel TURGOT

______________________________________________________

Direction Régionale des Affaires Culturelles :

jean-marc.gouedo@culture.gouv.fr

correspondance avec Jean-Marc GOUEDO (extraits)

Conservateur en Chef du Service Régional d'Archéologie

______________________________________________________

Archéologie Préventive (Fouilles 2010) :

isabelle.caillot@eveha.fr

correspondance avec Isabelle CAILLOT (extraits)

Chargée d'étude de l'organisme professionnel habilité EVEHA

______________________________________________________

Associations Locales :

j.clefebvre@wanadoo.fr

correspondance avec Jean-Charles LEFEBVRE (extraits)

Société Historique de Montmorency

shaap.argenteuil@free.fr

correspondance avec Gérard DUCOEUR (extraits)

Société Historique du Vieil Argenteuil

f.chairon@ccfv.fr

correspondance avec François CHAIRON (extraits)

Centre Culturel François VILLON

______________________________________________________

Commune de Montmorency :

rousseau-museum@ville-montmorency.fr

correspondance avec Michel RIVAL (extraits)

Archiviste Municipal et auteur de Livres sur Montmorency

______________________________________________________

Posté par FORTERESSES à 12:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

www.ville-montmorency.fr

QUE RESTE-T-IL DU CHATEAU-FORT ?

L’antique château fort n’étant plus au goût des successeurs de Bouchard le Barbu, ceux-ci, dès le XVe siècle, choisirent d’habiter des châteaux plus confortables, Chantilly, puis Ecouen et ont ainsi abandonné la forteresse de leur origine qui tomba en ruine. Seules 2 tours se maintinrent en place jusqu’au XVIIIe siècle. Le centre ancien est cependant toujours dominé par l’ancienne motte féodale bien délimitée par les rues de l’Eglise, de la Charrette, la place-au-Pain, la rue Saint-Victor et la rue Saint-Martin.

MONTMORENCY_03

Aquarelle début XVIIIe s. (v.1708)

MONTMORENCY_01

Situation Milieu XIXe s.

IMGP6380

HISTOIRE

Montmorency occupe un site remarquable. Située sur un promontoire, notre ville domine au sud la vallée dite de Montmorency et, au nord, la Plaine de France. Cette situation fait que Montmorency a constitué – sans doute depuis des temps fort reculés – un lieu d’observation et un point stratégique important pour toute cette région peuplée depuis des millénaires. Il est établi de façon certaine que celle-ci voyait le passage de populations nomades bien avant la période du néolithique, comme en témoignent les nombreuses découvertes d’outils en grès taillé faites dans plusieurs sites de la forêt de Montmorency. Cette industrie préhistorique a reçu le nom de "Montmorencien".

Au début du Xe siècle, ce point défensif fut confié à Bouchard le Barbu – petit baron établi dans l’île Saint-Denis qui tirait l’essentiel de ses revenus des droits de péage qu’il imposait aux bateliers naviguant sur la Seine. Ses descendants prirent par la suite le nom de Montmorency puis le titre de « Premiers barons chrétiens ». Commence alors la longue histoire d’une célèbre lignée ; celle des Montmorency. Cette famille ayant donné à la France 6 connétables, 12 maréchaux et 4 amiraux, fut l’une des plus illustres de notre histoire.

MONTMORENCY_02

Les armes de la Ville sont celles que portaient les membres de la famille de Montmorency : « d’or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d’azur ». En héraldique, gueules est la couleur rouge et l’alérion est une petite aigle – féminin en héraldique – sans bec ni pattes. Ces armoiries étaient souvent accompagnées de la devise « aplanos » qui signifie en grec « sans dévier ».

L’histoire de ces armes commencerait en 978, Bouchard Ier, baron de Montmorency, repoussa l’Empereur d’Allemagne Othon II. Suite à cette victoire, il aurait pris pour armes 4 alérions d’azur. Le 27 juillet 1214, lors de la bataille de Bouvines, Mathieu II de Montmorency se distingue par sa bravoure et enlève 12 bannières à l’ennemi, ce qui lui permit d’ajouter 12 alérions à son blason. La croix rouge aurait été tracée par le roi Philippe-Auguste avec le sang de Mathieu II, blessé au cours de la bataille.

 Texte rédigé d'après l'ouvrage :
"Connaître et aimer Montmorency" de R. Biais – G et G. Dornier (Editions du Valhermeil)

Posté par FORTERESSES à 12:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]